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L’agriculture raisonnée : Quels enjeux pour demain ?

Par Juliette R , le 12 octobre 2022 , mis à jour le 24 octobre 2022 - 8 minutes de lecture
Agriculture raisonnée enjeux

Nous vivons dans un monde où l’importance et le rôle de l’agriculture ne cessent d’évoluer pour laisser place à une agriculture raisonnée

 

La société évolue constamment, ce qui signifie que l’agriculture évolue et a laissé place à l’agriculture intensive. Actuellement, l’agriculture intensive occupe une place de plus en plus importante. L’intensification de l’agriculture datant des années 1960 à 1980 est aussi connue sous le terme de révolution verte. L’agriculture intensive possède certains atouts et de gros moyens au premier abord. Comme par exemple, l’accroissement de la production, le recours à la mécanisation, à l’irrigation …  Sur la plan économique, ce type d’agriculture permet au producteur d’améliorer ses revenus car cette technique accroît le rendement. Mais ce type d’agriculture n’est pas sans conséquence, certes elle permet de réduire les prix et diminue donc les revenus des paysans. Ce mode de production sature l’environnement de nitrates et de pesticides, détruit l’emploi et les campagnes pour le plus grand bénéfice des industries agroalimentaires. La France est le premier utilisateur Européen de pesticides et le troisième utilisateur mondial derrière les États-Unis et le Japon.

De nombreuses alternatives existent pour remplacer l’agriculture intensive. Ces solutions partent de « bien » produire tout en préservant les sols, en respectant la nature, en limitant l’utilisation des ressources et en incluant la dimension humaine et sociale, souvent occultée elle aussi. En 2050, l’agriculture devra nourrir près de 10 milliards d’êtres humains. Augmenter la production agricole en évitant de détruire la Planète semble être un enjeu majeur. Nous pouvons bien sûr réduire notre consommation de viande et de produits laitiers, mais aussi changer les pratiques agricoles par la réduction de l’utilisation d’engrais ou utilisation de méthodes de culture sans labour, par exemple ou encore recourir aux biotechnologies pour améliorer la productivité des cultures ou diminuer les émissions de méthane des ruminants. Tout cela sans augmenter les prix, sous peine d’aggraver la faim dans le monde. Pour lutter contre l’agriculture intensive, des moyens sont mis en place, on parlera alors d’agriculture raisonnée. L’objectif principal de ce type d’agriculture est d’optimiser les résultats économiques en diminuant les quantités d’intrants dans le but de restreindre les impacts sur l’environnement.  Ce type d’agriculture raisonnée comprend plusieurs types d’agriculture.

 

I-               Types d’agriculture raisonnée

1.1. L’agriculture biologique

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L’agriculture biologique est l’une des solutions les plus connue de l’agriculture raisonnée, c’est un mode de production qui a recours à des pratiques culturales et d’élevage soucieux du respect des équilibres naturels (sols, biodiversité, air et eau). Elle exclut l’usage des produits chimiques de synthèse, les OGM et limite l’emploi d’intrants. Ce sont essentiellement les consommateurs avec des revenus élevés qui achètent des produits bio. Le marché bio français a approché 13,2 milliards € en 2020. Il a été multiplié par treize en vingt ans. Entre 2012 et 2020, le développement de la consommation de produits bio s’est accéléré, elle a en effet quasiment triplé au cours de cette période. L’agriculture bio apparaît comme attractive, grâce aux prix plus stables qu’en conventionnel, à une production plus rentable et au marché français en forte croissance. 

 

1.2.                  L’agro sylvopastoralisme

 

L’agro-sylvo-pastoralisme est une méthode logique qui permet de concilier et de favoriser simultanément 3 productions complémentaires :  forêts, végétaux et animaux. Elle était auparavant très utilisée dans les pays en développement avant qu’on arrive à l’agriculture moderne Traditionnellement, ces trois usages étaient fortement liés : La forêt pourvoyait en nourriture les humains et les animaux d’élevage ; l’agriculture et l’élevage fonctionnaient en complémentarité. Dans les économies occidentales, l’agro-sylvo-pastoralisme permet de valoriser des zones qui, autrement, seraient abandonnées par l’agriculture (couverts forestiers, zones de montagne, zones méditerranéennes arides…). Ce type d’agriculture raisonnée est très présent à travers le monde, notamment dans les milieux où les conditions climatiques sont rudes : relief (pente, accès), rareté en eau, fort ensoleillement, qualité du sol (profondeur, fertilité) … C’est le modèle mis en avant par Claude Bourguignon, qui selon lui, est le plus productif au monde par mètre carré.

Par exemple, un agriculteur qui possède un élevage de moutons peut les laisser en liberté dans un verger afin que ses moutons fertilisent la terre.

1.3.                  L’agroécologie

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L’agroécologie est une agriculture raisonnée en symbiose avec la nature. Elle vise à offrir une alimentation de qualité, à préserver l’environnement et la biodiversité, mais aussi à rendre les sols plus productifs et tendre d’un cercle vicieux à un cercle vertueux. A l’inverse de celui que l’on connaît actuellement : utiliser des pesticides car les sols sont appauvris par ces mêmes pesticides. Son objet ne consiste pas uniquement à prendre soin du sol, de la plante, de l’animal ou de l’être humain, mais aussi à considérer l’ensemble des éléments de l’écosystème et des systèmes sociaux et à veiller à la qualité de leurs interrelations.

L’agroécologie dispose de 3 piliers majeurs de l’agriculture raisonnée :

  •   Le pilier écologique, qui permet de s’inspirer du fonctionnement des écosystèmes pour préserver l’environnement et les ressources.
  •   Le pilier économique pour se réapproprier une économie inclusive au service du bien commun.
  •   Le pilier social qui permet de cultiver la solidarité et la responsabilité sociale dans une démarche éthique et équitable.

En ce sens, l’agroécologie est un équilibre harmonieux mêlant agriculture et écologie, quantité et qualité, activités humaines et biodiversité, philosophie et techniques, écosystèmes et systèmes sociaux.

 

II-              Bénéfices de l’agriculture raisonnée

 2.1  Bénéfices des alternatives

 

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture autrement dit la FAO, nous informe que le BIO peut nourrir la planète, qu’il est préférable d’un point de vue social et environnemental, et elle encourage tous les pays à le développer.

L’ONU déclare aussi que l’agriculture raisonnée permettrait de doubler la production alimentaire en 10 ans. En clair, c’est plus rentable que nos méthodes actuelles. En France comme en Hongrie, le BIO permettrait de créer pas moins de 600 000 emplois.

Les principes de ces trois alternatives sont simples ; favoriser la fertilisation organique des sols, optimiser l’usage de l’eau, respecter la biodiversité, minimiser la libération de substances toxiques ou polluantes dans la nature, favoriser l’utilisation d’intrants locaux naturels, limiter l’utilisation d’intrants chimiques, d’OGM et le moins d’énergies fossiles possible.

2.2  Objectifs

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Nous sommes aujourd’hui confrontés à des impasses techniques ne permettant plus d’améliorer la productivité ou la compétitivité de nos systèmes agricoles :

  •  dégradation des sols
  • résistance des ravageurs
  • augmentation du coût des intrants
  • impacts du changement climatique

 

La production agricole doit faire face à des défis sociétaux majeurs :

  • gestion sobre des ressources et adaptation au changement climatique (qualité de l’eau et de l’air, diminution des gaz à effets de serre)
  • sécurité alimentaire et défi démographique
  • équilibre des territoires

 

En France, un programme de développement a été lancé en 2018 : Ambition Bio 2022. Les principaux objectifs sont d’atteindre 15 % de la surface agricole utilisée en bio en 2022 et une part de 20 % de produits bio dans la restauration collective publique. Les trois leviers de ce programme sont le renforcement des moyens consacrés aux aides à la conversion, le doublement du montant alloué au Fonds Avenir Bio (de 4 à 8 millions €) et la prolongation et la revalorisation du crédit d’impôt bio de 2 500 à 3 500 € jusqu’en 2020.

 

Conclusion

L’agriculture en général a subi de grands changements au cours du XXe siècle, caractérisés par de nouveaux modes de production dans le monde. Ce type d’agriculture utilise des pratiques différentes qu’autrefois en particulier au niveau de la technologie, et de l’environnement.  Cette agriculture a été et est toujours au cœur de nombreux changements. Diverses innovations ont été mises en œuvre pour augmenter les productions au détriment des petits producteurs locaux. Aujourd’hui, l’agriculture intensive est montrée du doigt, accusée de provoquer érosion, pollutions, tassement, lessivage, perte de matière organique et fragilisation des biotopes. D’autres modèles émergent et semblent plus économes et plus durables. L’agriculture raisonnée, impliquant de nombreuses alternatives, est de plus en plus démocratisée. De par le contexte mondial, ces alternatives sont aujourd’hui au cœur des changements environnementaux.

 

 

Si vous voulez en savoir plus à propos de l’élevage bovin français suivez ce lien: La viande de bison en France (duflan.fr)

Juliette R

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